jeudi 14 mars 2019

Les défis des composites : produire moins cher, vite,et recyclable



     Aéronautique, automobile, bâtiment, sport…Les composites avancent sur tous les fronts. Les PME françaises contribuent aux progrès qui restent à accomplir pour avancer dans l’industrialisation de ces matériaux.
     La notion de matériaux composites est assez large. « C’est l’association d’au moins deux composants non miscibles qui, réunis, ont des propriétés meilleures que ces mêmes matériaux pris séparément », résume l’ingénieur Laurent Aubertin, du pôle de compétitivité EMC2 à Nantes.
     On parle là principalement de fibres, souvent de carbone, amalgamées à de la résine, cette association offrant des avantages incontestés de légèreté, de rigidité et de résistance. Dès lors, les composites n’ont donc pas fini de gagner du terrain, sur le métal principalement.

1)      CONQUÉRIR DE NOUVEAUX USAGES

     « Plus de 50 % de la masse des nouveaux avions, dont l’A350 et l’A787, est désormais faite de composites, contre de 20 à 25 % sur les générations précédentes ». Ces nouveaux matériaux s’invitent au cœur même des réacteurs (fan et aubes) Leap de Safran.
 Maints autres usages se révèlent. La société angevine Hydrovide a, par exemple, conçu un camion-citerne équipé d’une cuve en composite, permettant l’allègement de l’engin et une résistance aux fluides corrosifs. L’enroulement filamentaire favorisera l’avancée des réservoirs de véhicules à hydrogène. Sans parler de la structure des voitures que les carbones vont alléger plus encore. Dans le bâtiment  aussi un large champ des possibles est attendu  avec des bétons armés aux composites. Pour les mêmes raisons de poids et la résistance à la corrosion, on évoque de nouvelles applications tubulaires pour la prospection d’hydrocarbures de grands fonds. On imagine aussi des patchs pour consolider les ouvrages d’art. « Les composites seront une source d’inspiration pour les architectes». Ces matériaux sont aussi loin de leur apogée dans le domaine sportif sans eux, point de foils pour les voiliers – et dans l’équipement de la personne, sur le plan médical ou des exosquelettes.

2)      UN BEL EXEMPLE D’UTILISATION DES COMPOSITES

     Une jeune entreprise de Charente-Maritime, Elixir Aircraft, a présenté un concept unique au monde d’avion totalement en composite ». Grâce aux composites et une technique de production unique, nous avons mis au point un avion qui compte quelque 600 éléments, boulons compris, alors que le concurrent direct, la Cessna Aircraft Compagny, qui n’a pas évolué depuis un demi-siècle en compte 17000 ». L’essentiel de l’avion est composé de huit pièces seulement, en composites monoblocs, à l’image des ailes, ou plutôt de l’aile monobloc, un seul ensemble sur lequel vient se fixer le fuselage, le « corps » de l’engin.

      Moins de pièces, c’est plus de sécurité, finis les rivets, aucune vis ou longeron. Oubliés la corrosion, le pourrissement, le défaut ou l’usure de structure. Cette technologie réduit de 30% les coûts de maintenance de l’avion par rapport à sa concurrence. La légèreté de l’aéronef réduit sa consommation en carburant  et donc son coût d’exploitation (12 à 16 litres par heure à la vitesse de 300 km/h contre 30 litres/h pour un Cessna à la même vitesse) .
     Son prix de vente est aussi révolutionnaire : 150 000 euros « c’est plus de deux fois et demie moins élevé que la concurrence sur le même segment ». Depuis son premier décollage (Aout 2017), cet avion Elixir a passé tous les tests de sécurité et de résistance. Un bel exemple d’évolution des structures en aéronautique et d’utilisation des composites.

3)      MONTER EN CADENCE

     Produire plus vite et donc moins cher, l’enjeu clé de la filière. « La production de pièces en composites reste artisanale, même si on avance dans l’automatisation », admet Stéphane Cassereau, directeur de l’IRT Jules-Verne, expliquant qu’il faut aller plus loin pour mieux s’inscrire dans les futurs programmes aéronautiques et aux cadences de l’automobile. Il faut donc parfaire l’automatisation du placement des fibres, des renforts rigidifiant les pièces, le dosage des quantités de matières au bon endroit selon les épaisseurs voulues. Il s’agit également de répondre à la problématique des grandes pièces, telles de pales d’éolienne ou les coques de bateau où les composites permettent de s’affranchir d’outillages et de limiter l’assemblage.

4)      GÉNÉRALISER DES THERMOPLASTIQUES

    Avec la technologie thermodurcissable, la plus répandue, la pièce doit être réussie du premier coup. Impossible de la modeler une fois la résine prise. La technologie des thermodurcissables, en revanche, permet de travailler la pièce après coup, comme le métal. Il est également possible de souder des éléments thermoplastiques (par laser, induction, vibration…), travailler sur de plus petites séries et limiter le nombre d’outillages (moules). Sur certaines pièces de sécurité, dans l’automobile, cette matière résiste mieux aux chocs. « On peut aussi créer des mixtes avec l’injection plastique ». 

Les thermoplastiques sont aussi recyclables et ne produisent pas d’émanations de styrène. L’usine nantaise de Daher est considérée comme l’une des références dans la maîtrise des thermoplastiques. L’équipementier y fabrique par milliers des clips pour fuselage d’avion. Les groupes Dedienne et Sintex NP ont aussi un coup d’avance en la matière. Mais la mise en oeuvre reste à améliorer. C’est l’un des grands défis des IRT Jules-Verne ou Saint-Exupéry ou du Cetim, qui ont investi des millions d’euros dans des lignes pilotes.

5)      RÉDUIRE LES COÛTS

     Le prix élevé des composites tient en partie à l’emploi de fibres de renfort en carbone, dont le coût se situe entre 15 et 20 euros le kilo. Le défi du programme Force est de ramener ce prix à 8 euros le kilo. Le Centre technologique Canoe et l’IRT Jules-Verne ont inauguré en octobre 2018 une ligne pilote semi-industrielle de fibre de carbone économique à Lacq (Pyrénées-Atlantiques). D’un coût de 3 millions d’euros, cet équipement offre une capacité de production de 2 tonnes de fibre par an, donnant matière à expérimentation. La fibre développée est une alternative au polyacrylonitrile (ou PAN), le matériau de référence utilisé aujourd’hui, inabordable pour l’industrie automobile. Il met en œuvre des matériaux alternatifs, biosourcés ou recyclés, tels les dérivés de la biomasse ou encore les polyoléfines. Force qui mobilise au total 18 millions d’euros est très mobilisateur. Faurecia, PSA, Renault, Plastic Omnium, Stelia composite ou Decathlon, sont partie .

6)      RECYCLER

Les matériaux composites n’ont pas bonne réputation sur le plan environnemental. Leur recyclage n’en est qu’à sa genèse. Le procédé Thermosaïc, développé par le Cetim Grand Est, permet de récupérer des pièces au rebut pour recréer de nouvelles plaques de composites thermoplastiques. Il devrait être industrialisé à moyen terme. La recherche de produits recyclables avance, l’une des références étant la résine Elium du chimiste français Arkema. Une autre piste est l’introduction d’une part de matériaux biosourcés. La fibre de lin est déjà utilisée dans les intérieurs de portes automobiles, mais pas encore sur des pièces structurelles. Mais on ne sait pas encore séparer le lin de certaines résines dans lesquelles il est amalgamé. « Le lin a l’avantage d’être léger et sa forme creuse lui confère des propriétés acoustiques ». La fibre de chanvre et de bambou présente aussi des atouts de légèreté. Le projet  Filsit mobilise le nantais Omega System et la société bretonne Nanovia, qui développe des filaments pour l'impression 3D à base de chute de bandes de carbone, générés par les machines à placement de fibres.

7)      INTÉGRER DE L’INTELLIGENCE

     Contrairement au métal, on peut définir la recette des composites, à la carte. Cela permet d’y intégrer des systèmes filaires, des antennes et autres objets connectés. « On peut ainsi les rendre intelligents en leur apportant des fonctionnalités complémentaires ». (Il est possible d’imaginer des systèmes antennaires dans le toit de camping-car par exemple). Naval Group s’intéresse depuis longtemps à cette intégration sur ses navires de guerre. La société bretonne Sense in développe des systèmes de capteurs permettant de mesurer la déformation et la tenue mécanique de la matière. Cela soulève d’autres défis techniques, dont la compatibilité des matériaux, car il ne faut pas endommager l’objet communiquant dans le bain de résine. Les procédés composites permettent aux industriels de répondre aux enjeux d’allègement des structures et de fabrication de structures complexes. 

8)      LES PREMIERS ROBOTS

     Certains sous-traitants comme Pika (Pyrénées-Atlantiques), spécialiste de la découpe métallique, ont mis cette technologie à leur portefeuille en investissant dans des équipements industriels. Mais derrière l’aéronautique, c’est l’ensemble de l’industrie et des grands donneurs d’ordre, notamment dans le transport. Obligeant ce tissu de PME à se mettre au niveau et à monter en compétences en s’appuyant au besoin sur des centres techniques. Les patrons sont poussés à acquérir des moyens de production permettant de travailler des pièces de grande dimension. L’enjeu est d’industrialiser les processus de production avec l’apparition des premiers robots. Des moyens qui arrivent dans les entreprises les plus importantes. « Le fait d’utiliser des composites dans l’aéronautique entraîne de nouvelles exigences en termes de contrôle qualité et de traçabilité avec l’apparition d’appareils de contrôle non destructifs », insiste Jérôme Raynal, responsable du développement des activités composites au sein du groupe Institut de Soudure.


     L’usine DASSAULT d’Anglet utilise un robot KUKA pour construire, lames après lames, des pièces volumineuses en composite pour ses avions d’affaire.
     Le problème de la santé des opérateurs a longtemps été pointé du doigt à cause des émissions de composés organiques volatils (COV). L’apparition de nouveaux modes de production faisant appel à des moules fermés règle en partie le problème puisque les pièces ne sont plus produites à l’air libre. Il reste toutefois à ce que ces moyens de production soient généralisés. 

9)      CONCLUSION

       L’autre challenge est économique: où, à quelles conditions l’additif devient compétitif par rapport aux technologies qu’elle doit remplacer telles l’injection, l’assemblage mécano soudé, la fonderie ou la forge?
     Les nouveaux polymères, le pilotage des procédés, et la maîtrise thermique, sont aussi déterminants. Mais « des verrous restent à lever sur la caractérisation, la robustesse et la déformation des matériaux».
(tiré d’un article dans Les Echos)
Olivier

jeudi 21 février 2019

Les cobots... vous connaissez?



     Les applications idéales pour les cobots (robots collaboratifs) sont les processus répétitifs et manuels exécutés à proximité des opérateurs, mais n’exigeant pas pour autant une dextérité humaine, une capacité de discernement ou une prise de décision à la volée.
     Les opérations de chargement et de préhension-positionnement constituent un excellent
point de départ, en particulier pour les tâches pouvant causer des blessures liées à un défaut d'ergonomie ou contraignant les opérateurs à interagir avec des machines dangereuses.

1)    Cadences
     Les cobots exécutent généralement un processus simple à la vitesse d'un opérateur humain. On peut automatiser les opérations dont on maîtrise la cadence manuelle actuelle. Bien sûr, un cobot peut travailler 24 h/24 h sans s’arrêter, ce qui augmente votre productivité. De plus, les cobots garantissent une production homogène et fiable libérant les opérateurs des tâches les plus pénibles et répétitives pour les recentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.

2)    Pièces et présentation

     Les cobots sont idéalement adaptés à la manipulation de pièces de dimensions et de formes homogènes, ce qui simplifie le choix d’une pince pour les saisir. Pour faciliter la programmation, il faut veiller à présenter toutes les pièces dans la même position sur une table ou un plateau afin que le robot puisse répéter le même processus indéfiniment. On peut également les disposer d’une manière ordonnée (sur un plateau ou dans une corbeille) : il suffira d’indiquer au robot la position initiale et la position finale ainsi que le nombre de pièces dans chaque ligne et dans chaque colonne. Certains cobots possèdent la capacité préprogrammée de mise en palettes. Il faut éviter, si possible, de recourir au système de vision ou de détection pour identifier et saisir les pièces. Manipuler des pièces aux propriétés variables (dimensions et formes) ou présentées de manière non structurée (en vrac dans une caisse) reste possible plus complexe.

3)    Collaboration avec les opérateurs

   
  Les robots collaboratifs sont conçus pour travailler à proximité immédiate des opérateurs en garantissant leur sécurité, mais une analyse des risques définira l’interaction opérateurs-cobots adaptée à chaque situation. A l’instar des opérateurs travaillant ensemble, la sécurité doit être assurée lors de la manipulation de pièces aux bords saillants, par exemple, ou l’utilisation d’un outil de découpe, d’une meule…Dans un environnement collaboratif idéal, les opérateurs exploitent au mieux leurs compétences, notamment en supervisant le processus, tandis que le cobot se charge des tâches répétitives, manuelles, voire dangereuses de manipulation des pièces et des machines.
     Si le cobot doit se déplacer à des vitesses élevées, ou si des tâches posent d’autres problèmes de sécurité, des rideaux lumineux ou des scanners de sécurité seront nécessaires pour arrêter ou ralentir le bras lorsqu’une personne entre dans son espace de travail.

4)    Connectivité et intégration

      Il faudra déterminer quelles sont les machines avec lesquelles votre cobot devra interagir et la nature de cette interaction. Le cobot remplacera-t-il simplement une interaction humaine (ouvrir une porte, charger ou décharger des pièces ou presser un bouton) ? Faudra-t-il une intégration rapprochée entre le robot et la machine, avec une interconnexion directe ?
      Plus le cobot est interconnecté à une machine, plus l’automatisation du processus sera complexe. Pour minimiser la complexité, il faudra limiter l’interaction de la machine aux commandes de base telles que le démarrage et la fin du cycle.


5)    Pinces et outils

     Un outil est monté sur le bras du robot pour interagir avec les pièces et les machines. Par exemple une ventouse ou une pince pour saisir les pièces, un dispositif de soudage ou de pulvérisation de peinture, ou tout autre outil créé pour répondre aux besoins de l’application.

6)    Montage et enceinte de sécurité

  
    La plupart des applications mettant en œuvre un cobot ne nécessitent pas de capteur ou de périmètre de sécurité, en fonction de l’analyse des risques. Les fonctionnalités intégrées respectent les exigences de sécurité et les limites de couple en vigueur. Ainsi, le cobot s’arrêtera automatiquement, ne provoquant aucune blessure en cas de collision avec une personne.
      Dans les applications les plus simples, le cobot est installé à un point fixe et répète la même tâche indéfiniment. Légers et faciles à programmer, les cobots peuvent également être déplacés entre les processus, éventuellement montés sur un chariot roulant par commodité.


7)    Programmation

     L’application se complexifie au fur et à mesure que l’on ajoute des machines ou des dispositifs avec lesquels le cobot doit interagir. Des opérations simples de préhension-positionnement de pièces uniformes présentées de manière ordonnée peuvent être programmées en quelques minutes. Les processus dans lesquels le cobot peut exécuter ses tâches en recevant des informations basiques de capteurs ou contrôleurs externes sont généralement les plus simples à programmer.

8)    Besoins futurs

     Grâce à sa souplesse, sa légèreté et sa simplicité de programmation, le déplacement du cobot vers un autre poste peut être envisager ou implanter d’autres cobots dans de nouvelles applications. Les différentes dimensions et caractéristiques techniques des cobots ouvrent des perspectives d’utilisation dans nombreux domaines.

(Article tiré de la documentation d’Universal-Robots)
Olivier

vendredi 25 janvier 2019

Réalité augmentée en maintenance chez SAFRAN


     Les nouvelles technologies n’ont pas fini de révolutionner l’industrie ! Présente dans les sites de production de Safran depuis déjà plusieurs années, la réalité augmentée pourrait bien s’étendre aux activités de maintenance. Comme le démontre l’expérimentation menée par Safran Landing Systems sur les trains d’atterrissage.
     Superposer un modèle numérique 3D à un équipement réel et faire apparaître des informations sur un écran (ordinateur, tablette, lunettes…) : c'est le principe de la réalité augmentée. Déjà utilisée par trois sociétés du Groupe1, la réalité augmentée suscite l'intérêt de Safran Landing Systems, spécialiste des trains d'atterrissage, comme solution d'aide à la maintenance. « La documentation réglementaire fournie par les constructeurs, qui définit les procédures officielles de réparation, n'est pas exploitable directement par les opérateurs, explique Francis Rossignol, directeur Coordination et Support MRO2 chez Safran Landing Systems. Celle-ci nécessite une interprétation qui demande de l'expérience et du temps, d'autant que les équipements qui arrivent dans les ateliers de réparation sont de configurations différentes. À cela s'ajoute la rédaction des rapports d'intervention exigés par la réglementation, qui est très chronophage. » 

Une solution d'aide à la maintenance

     C'est en partant de ce constat qu'un premier projet a débuté avec l'aide d'un étudiant de l'Institut Image de Chalon-sur-Saône (laboratoire rattaché à l'école d'ingénieurs des Arts et Métiers Paristech), en stage de fin d'étude chez Safran Landing Systems, afin d'explorer le potentiel de la réalité augmentée pour guider les opérateurs dans les tâches de maintenance et automatiser la rédaction des rapports d'intervention. Un atout concurrentiel non négligeable, quand on sait que l'essor du trafic aérien s'accompagne d'une hausse des activités de MRO (Maintenance Repair and Operations ou maintien en condition opérationnelle). Début 2017, un démonstrateur a ainsi été réalisé en collaboration avec la start-up française Diota, spécialisée dans la réalité augmentée appliquée à l'industrie. « Diota fournit l'une des meilleures technologies de tracking du marché, estime Francis Rossignol. Après quelques développements spécifiques, nous avons pu adapter leur logiciel à notre besoin. »

Deux sites pilotes

     Testé dans un premier temps sur des maquettes au 1/6e de trains d'atterrissage, ce démonstrateur a convaincu aussi bien les équipes de MRO en interne que les clients auxquels il a été présenté. L'heure est alors venue de passer à l'échelle réelle. Sous le nom de projet ARGO™ (Augmented Reality for Ground Operations), le concept est expérimenté depuis début 2018 dans deux sites de maintenance de Safran Landing Systems, afin d'en évaluer les gains en productivité, qualité et traçabilité. « À Gloucester, nous visons la qualité « bon du 1er coup » sur la réparation des trains Airbus A320,annonce Francis Rossignol. À Molsheim, nous testons son intérêt pour l'assistance au montage de sous-ensembles des trains de l'A330, le contrôle de conformité et l'aide au contrôle final. »
En attendant les résultats définitifs de ces pilotes, l'avenir de la solution ARGO™ est déjà envisagé : un déploiement dans d'autres ateliers de réparation en Asie et dans la zone Amériques, ainsi que l'élaboration de nouvelles offres de service aux opérateurs, avec notamment la possibilité d'une téléassistance..
     En 2017, Safran avait déjà mis au point avec la start-up Diota une solution de réalité augmentée pour détecter les pannes sur les câbles électriques équipant les avions.

Bonne maintenance
Olivier

jeudi 10 janvier 2019

Des cibles de coûts de maintenance



       Combien de professionnels de maintenance sont-ils nécessaires pour assurer les objectifs de performances  et de volumes dans tel ou tel atelier ? Quel est l’effectif cible de la maintenance en emboutissage, tôlerie, peinture, montage dans une usine de carrosserie automobile ? Pour être le plus productif des entrepreneurs européens dans ma catégorie, quel doit être le coût de maintenance : main d’œuvre, matière et marchés de sous-traitance par unité d’œuvre ? Quels sont les coûts de maintenance qu’il faut prévoir pour les nouveaux moyens industriels liés à un nouveau projet, à une nouvelle implantation en Europe ou à l’International ?

     C’est pour répondre à ces questions qu’une démarche de construction et un suivi des cibles de coûts de maintenance  doivent être engagés par le responsable de maintenance sur le périmètre dont il a la responsabilité.

1   Des cibles pour quoi faire ?

Rappelons la différence entre cible et objectif :
« On progresse vers des cibles, on tient des objectifs »
La démarche consiste à définir pour chaque usine des cibles de coûts, à partir de ratios standards, construits et mis à jour par les Métiers eux-mêmes (Exemple : en carrosserie, pour les tôliers : 10000 points de soudure correspondent à x personnes, et en montage : 1000 véhicules montés correspondent à y personnes).
     Chaque usine présente des caractéristiques différentes selon le produit fabriqué, le process plus ou moins automatisé, les organisations variables (nombre d’équipes), les coûts salariaux…C’est pourquoi chaque usine aura sa cible propre.
Les ratios sont construits et validés par chacun des Métiers pour une meilleure reconnaissance et pour une crédibilité qui évite toute remise en cause. C’est souvent une des difficultés de la construction des cibles de coûts : celle de définir le « thermomètre » qui va contraindre tous les acteurs dans leur vie quotidienne à « subir »un nombre d’effectif, non plus estimé en fonction des besoins subjectifs de chacun, plus ou moins justifiés par le taux de disponibilité de l’atelier, mais d’une manière quantifiée et commune à tous.
Ces ratios doivent être réactualisés en fonction des variations de l’actif industriel, des évolutions du Produit et du Process, des nouvelles technologies…
Les effectifs comprennent la maîtrise et l’encadrement. Les ratios correspondent aux nombres de personnes présentes et opérationnelles aux postes ; ils intègrent l’absentéisme et la formation.
A partir des coûts réels des années précédentes et de leur répartition par Métier, il est possible de calculer les cibles de coûts matières (pièces de rechange, consommables maintenance) et marchés de sous-traitance.
     Ces cibles correspondent à un périmètre donné et précis d’activités.
Dans une usine la fonction maintenance est assurée par les fabricants (maintenance de niveau 1), les techniciens de maintenance, les groupes d’assistance technique maintenance (GATM), les techniciens Ingénierie. Il faut fixer alors précisément le périmètre pris en compte pour le calcul des cibles. Il ne concerne  par exemple que les techniciens de maintenance, leur encadrement et les GATM, et non les fabricants.
     Les cibles peuvent prendre comme hypothèses préalables : 
Que la politique maintenance de l’Entreprise est appliquée (dans les organisations, dans la répartition des responsabilités fabrication et maintenance…)
- Que le périmètre d’activités maintenance est défini : ateliers et maintenance générale. 
Que la politique des activités de maintenance externalisées est appliquée
     Intégrées dans les budgets, les cibles permettent de donner à chaque usine, à chaque métier les valeurs des effectifs et les coûts cibles, leur permettant de se positionner par rapport à leurs coûts actuels. C’est leur donner leur trajectoire de productivité et de progrès à suivre année par année.
     Appliquant les mêmes ratios standards à tous les sites : les usines peuvent  comparer leurs coûts de maintenance par unités d’œuvre. Des analyses et des plans d’action peuvent être réalisés pour ramener les métiers et les usines qui ont les coûts les plus élevés, aux niveaux des métiers et des usines les plus performants et transversaliser ainsi le best practice de chacun.
     Pour un nouveau projet, les coûts de maintenance objectifs peuvent ainsi être calculés et rentrés dans certains contrats.

2   Conditions de réussite :

« Il faut savoir de quoi l’on parle » 
Un périmètre d’activités bien défini.
- Des ratios métiers construits avec les métiers sur la base des plus performants, réalistes, crédibles et standards.
- Si les caractéristiques changent, la cible change.
- Chaque usine ayant sa cible spécifique, la cible de coûts est intégrée dans l’établissement des budgets usines par les contrôleurs de gestion.
- Chaque responsable de maintenance participe à la construction de la cible et suit ses coûts sur la trajectoire cible. 
Des benchmarkings internes ou externes permettent d’analyser les écarts de coûts et d’en déduire des plans d’action de réduction, transversalisables.
- Un responsable des cibles de coûts maintenance peut être nommé pour assurer la pérennité de la démarche, la bonne application des règles de calcul, la réactualisation des ratios, le suivi global des coûts de maintenance.

3    Conclusion :

     Ces cibles de coûts de maintenance représentent pour tous les responsables de maintenance, un outil de gestion d’autant plus crédible qu’il est standard et que son application tient compte des spécificités de chacun des sites et d’autant plus utilisé que chacun a contribué à la définition des ratios métiers.
     Cet outil permet de quantifier, d’une manière objective, les besoins cibles en professionnels de maintenance et de comparer entre sites, les coûts de maintenance ramenés à une unité d’œuvre. Ne représente-t-il pas alors, pour les responsables de maintenance, un moyen fédérateur pour optimiser les coûts ?.

Bonne maintenance
Olivier

lundi 19 mars 2018

Maintenance predictive : ce qu'il faut éviter ...

     Mal choisir ses indicateurs, imposer ses standards… André Montaud, directeur de Thesame Tech et innovation et Guillaume Lecuyer, directeur marketing produit Visiativ estiment qu’il y a sept erreurs à ne pas commettre lorsque l’on passe à la maintenance prévisionnelle.


     Avec l’industrie du futur, la vague du numérique, tel un tsunami puissant, déferle sur les usines… C’est du moins ce que pourraient nous laisser croire des communications toutes plus brillantes les unes que les autres, au moins en arguments marketing ! Du PowerPoint au "case study", tout y passe pour que la "old factory" soit aussi has been que le vinyle de nos jeunes années. Et pourtant, en bon décideur, tout dirigeant doit savoir raison garder et se poser les bonnes questions. Basculer du jour au lendemain dans le futur peut exiger des investissements colossaux, aussi bien financiers qu’humains, auxquels bon nombre de sociétés ne pourraient résister. Pire, il n’est pas évident que bruler son cash pour une telle aventure soit réellement pertinent.
     Les entreprises, et pas uniquement les PME, ne sont pas obligatoirement bien armées pour digérer ce monde digital. Entre Big Data, IoT, IA, Cloud et autres jargons dont sont friands nos chers geeks, il est facile de perdre son latin d’où des blocages souvent préjudiciables, y compris pour des projets où le R.O.I est avéré. C’est le cas pour la maintenance prédictive. Dans les usines, les entrepôts, sur les machines ou engins mobiles, le mot d’ordre général est la D.I.S.P.O.N.I.B.I.L.I.T.E . Parallèlement les systèmes de production deviennent de plus en plus complexes tout en devant répondre à des enjeux de flexibilité. Dans de nombreux marchés où l’hyper-croissance a fait place à la maturité, où la qualité est devenue un standard et l’innovation un élément différentiant obligatoire, la recherche de gain de productivité passe entre autres par la maintenance prédictive. L’optimisation des opérations d'entretien et des arrêts accidentels est source d’économie et de satisfaction client.
     Trois grands domaines sont particulièrement impactés :
• En amont de la production : prédiction temporelle et géographique des pannes
• Pendant la production : réduction des temps d’immobilisation, de non qualité et de stock de pièces de rechange
• En aval de production : anticipation des retours sous garantie et planification des opérations
     L’arrivée de l’IoT (Internet des objets) et plus généralement des capteurs communicants apporte une solution technologique à la génération massive de données de contrôle, permettant d’anticiper les pannes par analyse statistique et génération de modèles prédictifs. Encore faut-il ne pas se tromper dans les solutions à adopter ! C’est une occasion de se pencher sur les sept péchés capitaux de la maintenance prédictive pour éviter qu’ils ne se transforment en péchés mortels !

1- Vouloir imposer ses standards 
     Un des gros écueils aujourd’hui est la difficulté d’accès aux données et aux commandes dites profondes des machines. Le nombre de systèmes propriétaires, s’il peut s’expliquer dans une logique de barrière à l’entrée pour les concurrents, est aujourd’hui un frein à la maintenance prédictive pour des systèmes complexes. Des standards de communication et de formats des données sont un des enjeux majeurs de l’industrie du futur.

2- Se jeter désespérément dans la technologie
     Bien réussir son projet de maintenance prédictive, c’est d’abord et avant tout du bon sens et pas des choix de technologies. Quels sont les secteurs critiques ? Quels sont les impacts sur la production ? Quel effet sur les équipes en atelier et sur le client ? Quel risque sur les délais d’approvisionnement des pièces de rechange ? Autant de questions que l’on doit d’abord se poser afin de décider ce qu’il faut mettre sous contrôle.

3- Mal choisir ses indicateurs 
     Cela semble évident, et pourtant c’est probablement l’un des points les plus délicats. IL FAUT PRIORISER ! "Que contrôler et surtout où contrôler ?" peut amener au meilleur et au pire des résultats. Plus encore, la facilité relative d’installation de l’IoT peut amener à un suréquipement ayant deux conséquences majeures : un trop grand bruit de fond noyant les données pertinentes et un R.O.I. qui s’allonge démesurément.

4- Se limiter à ce que l’on connait
     C’est peut-être un des points les plus dérangeants pour les spécialistes de maintenance car cela fait obligatoirement sortir de sa zone de confort. Si les arbres de défaillance et autres AMDEC sont totalement maîtrisés, il n’est pas rare que de nouvelles manières de détecter des défaillances potentielles apparaissent en croisant des données "improbables" et sans lien évident. La grande masse de données disponibles par le Big Data permet de faire apparaître des signaux faibles. Mieux encore, au fur et à mesure que les données s’accumulent dans des environnements très différents, de nouveaux modèles de défaillance plus raffinés voient le jour dans un cercle vertueux de progrès.

5- Croire que cela ne coûte rien
     Là encore, la maintenance prédictive doit faire ses preuves. On vend une promesse sur le futur, mais cette promesse a un coût opérationnel au-delà de la partie technologique. Que cela soit internalisé ou externalisé, le passage par des data scientists est à minima probable, pour ne pas dire obligatoire. Ces coûts induits doivent être mis en regards des cours de non qualité. Comme précédemment, le choix du prédictif face au préventif doit être systématiquement comparé pour éviter les dérives économiques.

6- Croire que cela est invendable 
     La maintenance prédictive crée une toute autre relation entre le client et le fournisseur, avec un service qu’il faut à la fois valoriser et marketer. Pas sûr que les forces de vente amenées à vendre du produit physique soient programmées pour vendre du virtuel. Pas sûr que les forces de vente de services soient naturellement aptes à se confronter aux technologies physiques. Des modules de formation sont indispensables pour ces nouveaux métiers.

7- Se prendre pour Superman 
     Si le numérique se traduit fondamentalement en 0 et en 1, en oui ou non, en blanc ou noir, le monde réel offre, par nature analogique,  toutes les couleurs de l’arc en ciel. La maintenance prédictive associée au big data est la confrontation de ces deux mondes, discontinu pour le digital et continu pour le physique. Dit autrement, la maintenance prédictive est une véritable école d’humilité. Elle apprend à travailler avec de multiples compétences car personne ne détient à lui seul la vérité. C’est sans doute cela la conclusion de ce billet d’humeur : la maintenance prédictive est à nos portes, fringante et attirante. Elle devient économiquement accessible et souhaitable. Mais elle demande aussi que nous revoyions nos standards et oublions beaucoup de nos préjugés.
Un vrai purgatoire pour un futur paradisiaque.
André Montaud, directeur de Thesame Tech et innovation et Guillaume Lecuyer, directeur marketing produit Visiativ.
(Article de l’Usine Nouvelle du 17/03/18)

Bonne maintenance
Alain Seketa

vendredi 16 mars 2018

connaissez-vous ce site internet spécialisé maintenance?...

C'est avec plaisir que nous faisons sur notre blog un peu de publicité pour un site Internet dédié à la maintenance :


La maintenance industrielle, un marché porteur en termes d’emploi...


     Le marché de la maintenance est porteur. Les industriels sont en recherche permanente de profils de techniciens de maintenance et d’ingénieurs, difficiles à trouver. Afin de faciliter la mise en relation, un site dédié au recrutement sur ces métiers propose de réunir au même endroit l’offre et la demande.
     Lancé en septembre 2013 par deux entrepreneurs de la région paloise, Emploi-MaintenanceIndustrielle est un site internet de diffusion d’offres d’emploi spécialisé.
     L’idée de lancer cette plateforme internet de mise en relation directe entre industriels et candidats est née d’un constat terrain : « J’ai moi-même souvent été confronté à ce casse-tête lorsque j’étais responsable maintenance chez Rhône Poulenc Rhodia et ensuite à la direction de PME industrielles » explique Miroslav Lukic, co-créateur du site.
Le travail de référencement auprès des moteurs de recherche, de présence à des salons professionnels et étudiants, d’interventions en conférence et de création d’un réseau avec les écoles fait la notoriété et la succès de cette plateforme. Il affiche aujourd’hui un trafic de 12.000 visites par mois et plus de 2.500 CV qualifiés dans la Cvthèque.

     Des entreprises comme EDF, SNCF, ELIS, Fives utilisent les services de ce jobboard depuis plusieurs années maintenant. Les candidats peuvent aussi consulter les annonces de PME industrielles qui gagnent en visibilité grâce à ce site.

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Bonne maintenance
Olivier